Solange et les secrets

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117 pages - format 145 x 210

Disponible sur commande (15€ ou 21$ canadien)

J’ai a écris cet ouvrage avec l’idée de faire découvrir aux lecteurs le cheminement d’une thérapie à travers l’histoire d’une personne nommée Solange. Suite à un divorce elle découvre le mal de vivre qui l’habite depuis si longtemps et une perte de mémoire dans son enfance, suite à un choc émotionnel. Ses malaises deviennent si importants qu’elle décide d’entreprendre une thérapie. Ce livre met en lumière les dysfonctionnements de sa famille et la manière dont Solange a pu retrouver l’accès à sa mémoire ainsi que les outils qu’elle a pu utiliser. En accompagnant Solange dans son cheminement intérieur, le lecteur peut découvrir comment se soulager des traumatismes et des souffrances de l’enfance. Comment vivre avec. L’histoire de Solange est l’histoire d’un chemin vers la paix et l’équilibre intérieurs dont la vocation est de permettre de créer sa vie et de s’épanouir selon ses aspirations les plus profondes.  

 Voici un petit extrait.

L’emprise

Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles de l’appel de la vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.( Khalil Gibran, Le prophète, édition Casterman 2003).

Solange continuait son travail thérapeutique comme une bonne archéologue le ferait, en continuant de déterrer ses vieux souvenirs. Elle se remémora cet autre jour où, en entendant des éclats de voix dans le couloir de son école, elle tendit l’oreille et reconnut la voix de sa mère. Margot faisait un scandale auprès de la directrice, parce que sa fille était admise en sixième. Or selon elle, Solange n’avait pas de mémoire et ne pouvait pas continuer les études.

Solange avait senti la honte lui monter aux joues. Mais le choc fut encore plus fort, quand elle apprit que le corps enseignant avait décidé de l’orienter vers le certificat d’études qui s’obtenait en deux années, malgré ses bons résultats scolaires. Cette voie de garage allait la conduire vers un apprentissage. Elle vécu cela comme une grande injustice. Elle qui espérait tant devenir écrivain.

Mais elle ne put en parler à personne parce que Margot lui annonça qu’elle ne lui financerait pas des études plus longues. C’était pour Julien qu’elle aurait voulu le faire, mais comme il n‘avait pas le niveau, Margot ne trouvait pas juste que Solange en bénéficie. Ce n’était qu’une fille. Elle était jolie, elle n’avait qu’à se marier avec un homme riche. Margot fit jurer à sa fille de ne rien révéler à personne et de dire que la décision de quitter l’école était son propre choix et non celui de sa mère.

Solange prenait conscience que ce serment avait lourdement influencé son comportement. Ainsi que toute la perversité du comportement de sa mère. Culpabilisée et dévalorisée, elle quitta donc l’école à quatorze ans, avec son certificat d’études en poche. Il lui fallut faire le choix d’un métier rapidement, mais comme rien ne lui plaisait, sa mère l’aida un peu :

- Ton père était coiffeur, moi j’étais serveuse de restaurant et couturière, tu sais très bien coudre et broder, tu as le choix !

Solange comprenait, à la lueur de sa conscience, que le choix dont lui parlait sa mère n’en était pas un. Cependant, la jeune fille se décida pour le métier de son père. Il lui fallut trouver un patron, c’était la condition première pour suivre l’enseignement dispensé par la Chambre des Métiers, quand les parents ne pouvaient pas supporter les frais d’une école privée. Et si elle n’avait pas réellement pu choisir son métier, elle entendait au moins choisir son patron envers et contre tous. Parce que Margot, Elie et sa sœur Déborah, tentèrent de la diriger vers la coiffeuse de la sœur de son père. Si jusque là Solange avait tout accepté sans broncher, elle décida brusquement de leurs résister. Ce fut une forme de résistance passive. De celle où l’on ne dit rien, où l’on donne aux autres l’impression que tout ce qu’ils disent à pour effet de glisser comme sur les plumes d’un canard. A ce jeu là, Solange devint experte.

Elle était motivée pour résister à sa mère parce qu’elle s’était mise en tête de travailler dans un salon de haute coiffure situé sur la Croisette à Cannes. Un jour où sa tante Déborah lui avait raconté qu’elle avait soigné un jeune homme, quand elle travaillait à la clinique Beau Soleil. Celui-ci était le fils du propriétaire d’un salon de haute coiffure, situé justement sur la Croisette. Solange décida de faire son apprentissage dans ce salon. Il lui fallut convaincre sa tante de l’accompagner pour la présenter au patron. Déborah avait fini par accepter quand elle eut dépassé sa peur de déranger des gens importants.

C’est la mère du jeune homme qu’elles rencontrèrent. Elle expliqua que c’était son fils qui s’occupait de leurs affaires et qu’elle pourrait le rencontrer quatre ou cinq mois plus tard, quand il serait de retour de la Savoie, où il gérait leur autre salon. Toutefois elle ne pouvait rien promettre quant à une éventuelle embauche.

Comme Solange avait senti que le courant était bien passé entre elle et cette femme. Pendant les quatre mois qui suivirent, elle s’imagina travaillant dans ce salon. Dans ses rêveries, elle voyait la mère de son jeune patron lui indiquer son travail et elle ressentait toute la joie et la satisfaction d’être là, d’expérimenter des choses nouvelles et de découvrir un monde nouveau. Solange avait répété tous les soirs cette vision. Elle eut la certitude, confirmé toutes ces années plus tard, que cela lui valut de réussir son entretien, car elle avait ainsi acquit une confiance en elle. Elle commença son travail dans ce salon au début de l’été 1961. La formule du contrat d’apprentissage lui permis d’aller en cour une journée par semaine ainsi que le soir après la fermeture du salon.

En se rappelant ses rêveries, Solange comprit que l’imagination est une fonction importante que l’adolescent utilise souvent pour créer son devenir. Elle s’aperçut que cette attitude était la même que celle développée dans les techniques de détente, appelées relaxations dynamiques, utilisées en sophrologie. Elle savait que les dites techniques étaient issues du yoga, elle comprit que toute ces approches étaient le résultat de l’observation du comportement humain.

Solange intégra aussi la subtile différence qu’il y a entre résister à quelqu’un et garder son objectif en tête. La manière de résister qu’elle avait mise en place, à l’époque de son adolescence pouvait se traduire ainsi « Dans cette situation ma mère ne me fait pas plaisir alors moi non plus je n’ai pas envie de lui faire plaisir ; et comme je ne veux pas lui ressembler, je suis pas obligée de le faire». Autrement dit, la détermination qui avait été la sienne quant au choix du salon de coiffure avait été motivée par le désir de ne pas ressembler à sa mère. Cette attitude est souvent utilisée par les adolescents. Cela leur permet d’apprendre à se différencier de leurs parents et de se détacher d’eux, pour voler de leurs propres ailes.

Mais Solange comprit que son attitude, qui consistait à ne rien dire, où elle donnait aux autres l’impression que tout ce qu’ils disent à pour effet de glisser comme sur les plumes d’un canard, était un moyen d’éviter le conflit. Si pour la jeune adolescente qu’elle avait été, cette attitude avait joué un rôle de protection. Cela était moins évident pour l’adulte qu’elle était devenue, car dans ce cas, il s’agissait d’une attitude d’évitement.

Solange se rendit compte qu’elle avait souvent utilisée cette attitude dans sa relation de couple. Et qu’elle avait ainsi cherché à éviter le conflit. Cela ne l’avait pas aidé à résoudre ses problèmes. Au contraire cette attitude avait contribué à la maintenir dans un déni. Elle comprenait, qu’un adulte avait le pouvoir de confronter ses idées à celles des autres, que c’était de cette manière qu’une solution pouvait émerger du conflit. Elle s’aperçut que si ce comportement s’était avéré difficile avec Charles, c’était parce qu’elle avait eu peur de lui et elle se demanda si elle n’était pas sous une forme d’emprise.

A suivre...